Des nouvelles de mon enfance

Publié le par Mamzelle Snouc

C'est marrant comme certains souvenirs vous reviennent, comme ça, inattendus, alors qu'on fume tranquillement par la fenêtre en regardant les arbres enneigés.

Je me suis retrouvée projetée il y a 20 ans, dans notre "chambre des filles", que nous partagions à 4. J'avais bricolé un coin intime dans cette pièce carrée en installant mon placard le long de mon lit, qui était lui le long du mur. En ouvrant la porte du placard, j'avais tout un univers à moi, illusoirement protecteur contre les envahisseurs de toutes espèces.

La chambre était spacieuse, lumineuse. Mes deux soeurs dormaient dans deux lits superposés, et la petite dernière dans un lit à barreaux. Dès qu'elle a su marcher à quatre pattes, elle a trouvé le moyen de passer par dessus et de se glisser dans mon lit toutes les nuits, quitte à m'en faire tomber.

Dormir à plusieurs dans un même espace a quelque chose de rassurant, surtout dans une maison pleine de bruits et de craquements. Quand on a peur, on entend la respiration des autres, on sent leurs odeurs, on se rendort plus vite.

Cela a aussi un gros inconvénient : lorsqu'on veut dormir et que les autres ne veulent pas. On a beau crier, tempêter, adjurer, les rires s'enchainent, se répondent et s'entretiennent à tel point que l'excitation mutuelle interdit l'endormissement rapide. Alors, la reponsabilité était écrasante : calmer et pacifier une bande de jeunes rigolardes avec les moyens du bord.

Avant de savoir en quoi cela consistait, j'ai interprété la sophrologie à mon niveau, et je passais de longues minutes à faire se détendre tous les muscles et organes de la chambrée. Efficace, mais long, et très sensible au redépart des fous rires en cas de perte de concentration.

J'ai alors pioché dans mes souvenirs de maternelle, où une histoire de hibou m'avait beaucoup marquée. Je ne me souviens pas de tous les détails, mais cela consistait à confectionner une soupe à base de larmes, qui était alimentée par toutes les histoires tristes que le hibou et ses amis racontaient autour du chaudron. Comme, par expérience, nous avions compris qu'après une vraie crise de larmes, nous nous endormions profondément, nous avons investi l'histoire en l'adaptant, et nous listions toutes les choses tristes dans notre vie, de la mort de la souris Banane, à la perte de nos billes dans le caniveau, jusqu'à fondre en sanglots et s'endormir en hoquettant.

Publié dans snouc-ittude

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yann 10/01/2010 15:35


Encore des vacances, ah bravo les hospitalieres !!!!

;)))

a+

yann


Mamzelle Snouc 10/01/2010 15:50


Vite dit, des vacances, disons, un grand WE. On s'amuse comme on peut avec nos plannings !


yann 10/01/2010 15:17


Ok mais sinon ça va toi?
Bonne année tout de même...
;))
yann

Ps: oui je sais, l'enfance...


Mamzelle Snouc 10/01/2010 15:25


J'pète la forme !!!
A la fin du mois, je descends les Alpes sur les fesses, moi ! Youpi !