Fifille

Publié le par Mamzelle Snouc

J'ai toujours été une fille à garçons. Au collège, les filles m'ennuyaient, je les trouvais trop compliquées et un peu chichiteuses. Alors, je montais sur mon vélo, aves mes deux super potes de l'époque, et on séchait l'heure d'étude du mercredi matin pour aller boire une bière au café d'à côté en faisant littéralement le mur, on séchait la cantine pour aller manger au fast food le jeudi midi, j'avais les cheveux courts et je filais comme le vent sur mon deux roues, une vraie casse cou. Mes amitiés féminines n'avaient alors qu'une durée limitée à l'année scolaire, je ne suis partie qu'une seule fois en vacances avec une copine du collège, et on ne s'est plus jamais recroisées ensuite, on avait des lycées différents.

En plus, je ne suis pas fana de la mode, les beaux gosses ne m'inspirent pas, et je n'ai jamais accroché au phénomène des boys bands. Autant dire que les sujets de conversations étaient limités.

Plus tard, au lycée, j'ai intégré un groupe d'amis assez disparate et animé. Je n'ai de contact qu'avec une poignée d'entre eux, retrouvée via les réseaux sociaux.

Aujourd'hui, j'ai la chance d'avoir peu d'amis, et parmi eux, des "elles" qui sont sincères et honnêtes, autant que faire se peut. Ce sont des amitiés issues de rencontres fortuites, d'activités communes, d'amie d'amis. Je chéris ces relations qui sont intemporelles, même si on ne se parle pas pendant des mois, on se retrouve avec plaisir pour partager un cinéma ou une tasse de thé et on discute comme si on venait de se quitter. Elles ont chacune leurs qualités et bien moins de défauts qu'elles ne croient, avec en commun cette vision de l'humanité qui m'inspire.

Avec le temps, je commence quand même à réintégrer ma version XX originelle, et me déguiser en fille ne me coûte pas tant d'efforts. J'avoue avoir des lectures plus fille, plus littgirl, oubliant par conséquent les milliers de volumes d'espionnage et de SF qui ont jonché mon adolescence.

C'est peut-être aussi parce que maintenant, on me donne du Madame par ci et du vouvoiement par là, qu'on ne me demande plus de carte d'identité pour commander une bière, et que les automobilistes en face de moi ne me trouvent plus une tête d'A...brutie.

En tout cas, je garde de mon adolescence un contact facile avec le sexe opposé, j'ai deux grands frères, n'oublions pas. Et je crois que je garderai encore un peu cette snouc-ittude, car il est sidérant pour moi de voir toutes les petites amies accourir sauver leur chéri de mes griffes dès qu'on discute un peu trop aimablement. Comprends pas...



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