On nous ment

Publié le par Mamzelle Snouc

Depuis des millénaires, l'humanité a réussi à survivre en utilisant les ressources de la terre pour se nourrir et se soigner.

La phytothérapie est née en même temps que l'homme. Elle a soigné et de soulagé des générations dans le monde entier. Certes, cela n'a pas suffi à combattre les affections les plus virulentes, comme la variole ou la peste. Mais l'espérance de vie n'était pas le premier critère. 

Attention, je ne suis pas contre le modernisme, et je suis très consciente que la pharmacopée du XX° et XXI° siécles a sauvé de la douleur, du handicap et de la mort des millions de personnes et a permis d'allonger la durée et la qualité de vie de façon notable. Que serait-on devenu sans la découverte de la pénicilline, du paracétamol ou de l'aspirine ?

Reste que la pression du bénéfice a poussé les laboratoires a oublier certains principes, entre autres que la Santé n'est pas monnayable et que la science a une éthique propre. Pour parvenir à faire prescrire, certains se sont même mis à tricher, souvent avec succès. Des études contrefaites , une pression accrue sur les prescripteurs ou des avantages tarifaires avec les hôpitaux ont  fait accroître certains marchés.
Pour ne pas le nommer, le tramadol, anti-douleur récent, est devenu quasi monopole en prescriptions hospitalières, malgré les effets secondaires désagréables et le contexte de trafic en Europe de l'Est comme stupéfiant.
Deux cents médicaments essentiels : 
WHO. Le reste est soit redondant, soit inéfficace, soit vraiment superflu.

Le système publique s'est peu à peu intéressé aux dérives des labos et interdit désormais d'"acheter" les médecins avec des WE de travail aux Barbades ou des carnets de prescription avec des vignettes de pub incluses. (voir ce soir sur France 5 le document les médicamenteurs)

Le deuxième effet Kiss Cool est intéressant.
Le suivi médical est tel en France que j'ai été sidérée de rencontrer des familles anti-vaccination, anti-médicaments, un peu macrobio et très écolo, dont les enfants n'avaient jamais ingéré un seul antibiotique et qui avaient réussi leur Bac ! Les plus petits étaient choqués de savoir qu'en tant que professionnelle de santé  j'avais été vaccinée contre toute une armada de maladies : diphtérie, tétanos, poliomyélite, hépatite B, coqueluche, rubéole, oreillon, rougeole, tuberculose, fièvre jaune, typhoïde, grippe saisonnière... et ils avaient même peur de n'être pas tant protégés.

Là, le débat est délicat. Leur expliquer que mon exposition professionnelle à ces maladies augmente mon risque de contamination, mais n'est qu'un risque, leur apprendre le concept de vaccination comme une avancée majeure sur la mortalité mondiale, et m'entendre répondre par les parents concernés les multiples conséquences morbides et mortelles aux mêmes vaccinations, comme la sclérose en plaque ou certains cas d'autisme, c'est un exercice difficile. 
Nota : la population infirmière est la plus vaccinée, devant les techniciens de laboratoire et les médecins. Faites un petit tour sur le site de l'institut de veille sanitaire, c'est parlant.


Dans mon exercice au quotidien, j'ai aussi rencontré des professionnels qui s'arrangeaient pour ne pas avoir de liens émotionnels avec leurs patients en utilisant les molécules très efficaces des anti-dépresseurs et des anxiolytiques. C'est plus rapide et moins astreignant de refourguer de l'Alprazolam ou du Bromazepam à tout pleureur plutôt que de respecter le temps et la capacité du patient à intégrer une mauvaise nouvelle. Je me suis fait tuer du regard par un chirurgien alors que je tenais la main d'une patiente remuée après une mastectomie totale, parce qu'elle n'avait pas de traitement anxiolytique !

Sans tomber dans les courants anti-médecine-occidentale, il serait constructif de réapprendre ce que nos aïeuls nous ont transmis et de reconnaitre notre impuissance face à certains aléas de la vie. Nous sommes tous voués à grandir, vieillir et mourir. Dormir suffisament, boire (de l'eau) abondamment, se nourrir correctement et pratiquer des activités physiques et culturelles que l'on apprécie sont des principes de base qui ne coûtent rien.

Mais bon, c'est bien pratique de sortir faire la fête, de boire (un peu), de danser (beaucoup), de rentrer en voiture malgré la faible distance qui nous sépare de la maison, et d'ingurgiter docilement un Alka Selzer, du paracétamol, pour mieux repartir le lendemain avec un surplus de cafféine en cachet pour tenir...Pas bien.

Dire que dans la pub, la fille, elle retourne au boulot sans même passer sous la douche et qu'elle est toute fraiche avec son déo Nart...en sautillant partout, sans les yeux de cocker battu ou les auroles sous les bras, sans l'attention d'un poisson rouge ni la vigueur d'une pousse de trèfle. On nous aurait menti? 


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