Le Crabe

Publié le par Mamzelle Snouc

Dans la nature, le crabe mène la grande vie : il a de multiples parures et tailles, au gré de son évolution et de sa famille. Petit et transparent à la naissance, il se confond avec l'écume de la mer. Plus âgé, il perd en rapidité ce qu'il gagne en précision et en couleurs. Il se cache sous les rochers, ne sort qu'avec circonspection et peut pincer très fort. A l'Antiquité, ils étaient forts pour les symboles. 



Étymologie

Du latin cancer, cancri, « crabe », du grec ancien καρκινος, karkinos, « écrevisse ». Par allusion à la douleur causée par la maladie, comparée à un crabe dévorant les entrailles.

Wiktionnaire


Depuis ces dernières années, je n'ai cessé de côtoyer patients, familles, soignants, chercheurs.
Ce petit mot pour vous dire Merci, Bravo et Courage.

Aux chercheurs qui réussissent jour après jour à gagner de petites batailles sur le temps, qui ont affronté le crabe comme un vieil ennemi, utilisant toutes les ruses pour l'affaiblir : l'empoisonner, le priver d'oxygène, l'affamer, le décapiter, le brûler, l'irradier, le rendre infertile... et qui ont fait l'exploit en quelques décennies d'augmenter de façon significative le confort et la durée de vie des souffrants.

Aux médecins, généralistes, spécialistes, qui, sur le front de la prévention, du dépistage, du traitement et de l'accompagnement, ont la lourde tâche de devoir répondre présents jusqu'au bout, au domicile, à l'hôpital, à la fin.

Aux hospitaliers et aux libéraux : kiné, dièt', infirmier, aide-soignant, agent hospitalier, brancardier, manip radio, orthophoniste, assistant social, pédicure, psychologue, auxiliaire de vie, qui participent quotidiennement à rendre la vie moins dure et le combat moins lourd dans cette évolution qui devient chronique.

Aux familles et aux aidants naturels, qui permettent à la "personne malade" de rester un être humain aimant et aimable, avec générosité et pragmatisme.

Aux patients, dont certains ont une grandeur d'âme inouïe, d'autres un sens de l'humour délicieux et tous le privilège, contrairement à la majorité d'entre nous, de se savoir mortels, qui m'ont aidé à construire une éthique et une histoire avec chacun d'entre eux.




Elle va mourir dans quelques semaines, mais elle se maquille tous les jours. Elle me regarde dans les yeux, et elle prononce sans un souffle, à travers sa trachéo : Ca vaut le coup, dis? Je continue à espérer que ça va aller mieux, mais je sais... Elle a 50 ans depuis une semaine.
Bisous ma douce.



Publié dans Santé - public !

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