Je vis des choses difficiles

Publié le par Mamzelle Snouc

Il arrive souvent que je me sente un peu blues, un peu down, un peu out. Je rumine mes faiblesses et mes incertitudes, j'incrimine le temps, la fatalité ou ma chef-toute-pourrie.

Quand j'étais petite, ma mère répétait souvent "vous ne savez pas la chance que vous avez, nous sommes tous ensemble et en bonne santé" Nous, en bons jeunes ados, nous ricanions bêtement en levant les yeux au ciel.

Et puis, j'ai couru le monde, et j'ai découvert l'envers du décor : des familles vivant dans la rue, des parents qui préfèrent boire et parier aux courses plutôt que de payer la cantine, des gens en exode, torturés et chassés de leur maison... A tel point que depuis 15 ans, je ne regarde plus le JT de 20h, incapable d'effacer de ma mémoire le regard de ces enfants africains, roumains ou guatémaltèques qui crèvent de faim et vont récupérer des grains de riz sous les pieds des badauds, qui travaillent dès leur 5 ans et qui mourront à 15 d'une overdose de dope coupée à la mort-au-rat.


Rien n'est comparable à ce que je vis : je suis une femme éduquée, responsable, libre. Personne ne m'a jamais agressé, ni sexuellement ni physiquement, ni même vraiment psychologiquement. J'ai les moyens de subvenir à mon existence, à mon indépendance matérielle et intellectuelle. Je n'ai pas eu à choisir entre aller à l'école et manger à ma faim. Je peux voter pour qui je veux, voire ne pas voter. Mon salaire m'appartient, et non pas à mon père ou à mon mari. Je suis en bonne santé, et même si je ne suis pas une bombe, je ne suis pas hideuse ( Là, il va falloir me faire confiance !). Je pourrai donc choisir mon compagnon de route, d'avoir des enfants ou de partir me cacher dans une caverne, sans avoir à demander la permission à toute ma famille.

Celui qui a bien résumé la situation est EG qui, avec sa  bonne humeur naturelle, s'exclame "quel bonheur d'avoir un toit sur nos têtes, la santé et la paix dans nos maisons !".
Il a raison. On est vraiment pourris-gâtés, on n'arrête pas de se plaindre sans se rendre  compte de ce que l'on possède déjà.


Alors, je rends grâce et vais me coucher en pestant de ne toujours pas avoir gagné au loto. Snouc, je vous dis !

Publié dans snouc-ittude

Commenter cet article