Siffler en travaillant

Publié le par Mamzelle Snouc

S'il ne devait y avoir qu'un critère pour évaluer si je suis bien dans mon poste, observez moi lorsque je marche dans le couloir de mon service : soit je siffle, soit je chantonne.

Ça a été pour moi un indice révélateur quand je me mettais à arriver en retard, à oublier mes jours de congés, à traîner pendant la pause du midi, et surtout en silence : plus de musique, plus de plaisir.

Je fais alors un petit bilan : baisse de moral perso, petite santé suite à une otite mémorable, mal aux pieds à cause de ces f... nouvelles chaussures trop belles mais trop serrées ?

Si rien de tout cela, mon travail reste en ligne de mire. Je continue le bilan : ennui, un peu crispouille face aux nouveaux collaborateurs qui en veulent, un peu solitaire, le nez plongé dans mes dossiers? Ça, ma fille, c'est la trouille : objectifs, actions & réactions, quitte à accepter une nouvelle orientation.

Si par contre, je me cache dans les toilettes, que je n'arrive plus à dormir et qu'un poste à 800 euros/mois à Trifouilly les Bois me fait fantasmer, là, c'est grave.
Primo, je pose ma dèm'. Si j'en suis arrivée à ne plus vouloir porter mon uniforme, c'est que ma hiérarchie n'a rien vu ou n'a rien voulu dire, alors bye. Deuxio, je m'offre un bain de boue. C'est le bonheur, ce truc, meilleur que le coiffeur, on a la pêche pendant une semaine  ! Tertio, je prends le large, je vais dormir à la campagne, caresser les petits veaux, respirer l'odeur de la terre après la pluie, bref, je relativise.
Enfin, je repars comme en quarante.

Ne vous y trompez pas, chaque poste m'a apporté, chaque collègue m'a fait grandir, même si c'était la pire gourdasse du monde.

Enfin, la seule fois où j'ai posé ma démission sur un coup de tête, j'étais tellement mal que le seul fait d'avoir posté la lettre le soir même m'a aidé à dormir et à me lever le lendemain matin.

Ce qui me fait le plus plaisir, c'est lorsque les gens qui me croisent me disent :  c'est super, toi, t'as toujours le sourire.
C'est normal, j'aime mon métier, et il me le rend bien.

Commenter cet article